Articles des adhérents de l’AJE

« AQUA 2018 », 25 – 29 août, à Montpellier

Par Dominique Martin-Ferrari, journaliste/réalisatrice, membre du bureau de l’AJE

Photos D. Martin-Ferrari pour l’AJE

« La station de Palavas abrite la recherche piscicole d’Occitanie, l’aquaculture devient un véritable défi » explique la biologiste et généticienne, Béatrice Châtain, aux groupes de chercheurs venus  visiter la station de Palavas qu’elle dirige, en marge du colloque mondial we are aquaculture. « L’Asie (Chine, Vietnam, Indonésie), poursuit elle, assure 90% de la production mondiale. L’Europe arrive en seconde position avec seulement 4,2% ! Avec l’augmentation de la population et la baisse des ressources halieutiques, l’aquaculture doit quadrupler ses productions. Un énorme challenge pour l’aquaculture européenne et pour nous. »

Photos D. Martin-Ferrari pour l’AJE

En Europe, la France arrive derrière la Grande Bretagne, avec moins de tonnages mais plus de valeurs car notre aquaculture est « festive » : caviar, huitres, coquillages, thon, crevettes, bar… et se lance depuis peu dans la production de poissons, daurade, bar, truite, loup… Comme en Grande-Bretagne, l’aquaculture en France souffre d’une mauvaise image qui a nuit à son développement. Elle vient des problèmes liés à l’usage des antibiotiques dans les élevages de saumon suédois ou des épidémies et parasites détectés dans les productions asiatiques, où les mortalités sont impressionnantes. Et quand l’aquaculture est présentée comme une solution pour stopper l’hémorragie de la surpêche, on l’accuse d’être responsable d’assurer le débouché d’une part des 20% de prises secondaires réduites en farine et en huile pour nourrir les poissons des fermes !

Un gâchis considérable qui a conduit à la nécessité d’un véritable effort pour réduire ces prises accessoires et trouver des solutions à l’alimentation des élevages qui représente 55% des coûts. La station de Palavas travaille en ce sens « Nos recherches sont particulièrement orientées vers l’amélioration des systèmes alimentaires, explique Béatrice Châtain. En amont, nous étudions la substitution des nourritures carnées ou à base de farines par de l’alimentation à partir des algues, et en aval nous visons la réduction des rejets nuisibles à l’environnement par une optimisation de l’efficacité alimentaire ». En résumé, ici on travaille à une sorte de système circulaire optimisé qui ne repose plus seulement , comme il y a quelques années, sur la simple sélection génétique.

Photos D. Martin-Ferrari pour l’AJE

Les travaux de l’IFREMER sur les algues ont donc du sens, outre la dimension économique. « L’un des avantages de la culture de micro-algues marines est de ne pas entrer en concurrence avec les cultures terrestres. Certaines d’entre elles contiendraient des éléments nutritifs qui pourraient permettre de réduire jusqu’à 20% l’usage des farines et huiles de poisson », selon Cyrille Przybyla, autre chercheur à l’Ifremer. Il a mené le programme VASCO, seule voie biologique de séquestration du CO2 à travers une culture de micro-algues marines. Un second programme , « ProtOil » s’attaque à l’utilisation de micro-algues pour l’alimentation des poissons d’élevage, Vasco2. Il implique 12 partenaires – des industriels de la zone industrialo portuaire de Fos sur Mer, des centres de recherche, des start-up, des institutionnels. Il vise à valider des procédés de production de micro algues et de biocarburants à partir d’une valorisation des fumées industrielles. L’ambition de l’ensemble des partenaires est de contribuer ainsi à la transition énergétique par l’innovation en testant une solution inédite de production de biomasse basée sur le recyclage biologique du CO2 industriel.

Lancé sur le site de l’Ifremer à Palavas en 2015, Vasco2 est entré dans une phase d’expérimentation préindustrielle en milieu réel, au cœur de la ZIP de Fos,

Des micro-algues y sont cultivées, récoltées, concentrées puis transformées en biobrut. Le biobrut est alors raffiné jusqu’à l’obtention d’un biocarburant.

A l’issue de cette phase préindustrielle, Vasco2 pourra envisager la mise en œuvre d’un démonstrateur de taille industrielle, avant une production à grande échelle de substituts au pétrole et de biocarburants de 3e génération. Outre la contribution à la transition énergétique, il conduira à réduire les rejets atmosphériques de CO2 et de NOx de la zone industrialo-portuaire de Fos.

Après cette visite et une journée d’échange entre le CIRAD et la FAO sur l’agroécologie, s’est ouvert le congrès AQUA 2018, consacré à l’aquaculture mondiale. Il durera jusqu’au mercredi 29 août. Quatre laboratoires ont travaillé à son organisation : l’INRA, l’IFREMER, l’IRD et le CIRAD. Lourde tâche d’accueillir plus de 2500 personnes venues d’au moins 60 pays différents. Béatrice Châtain directrice de la station IFREMER de Palavas s’y consacre depuis plus d’un an. Avant un pot de bienvenue, dans le grand amphi du Corum, le colloque a été ouvert par le maire Philippe Saurel, le représentant de la région, André Lubrano, originaire de l’étang de Thau principal site de production des huîtres et moules de Bouzigues, et les directeurs de recherches de l’université de Montpellier qui vient de recevoir le titre de première université mondiale de l’écologie par la ville de Shanghai.

Dominique Martin Ferrari

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Rio 92 et Comité 21 : 3 femmes pour l’environnement, Bettina Laville, Simone Veil, Huguette Bouchardeau

Par Dominique Martin-Ferrari, membre du bureau de l’AJE, pour Vraiment Durable (2015)

Dans cet article hommage Dominique Martin-Ferrari salue l’action de trois femmes d’exception.

De g. à d. Bettina Laville, Huguette Bouchardeau, Simone Veil

En 1992, le Sommet de la Terre de Rio réunit des centaines de milliers de citoyens du monde entier, une mobilisation sans précédent pour appeler les institutions internationales et les gouvernements à adopter le développement durable dans un monde plus juste. Etaient en jeu la survie de la planète, mais aussi les échanges Nord–Sud, la place des femmes dans la société, l’accès de tous les habitants de la planète aux biens essentiels comme l’eau, l’air. La rencontre avait été préparée par un collectif d’ONG d’environnement et de développement, le CRID et le CEDI, dans lesquels se retrouvaient les militants qui avaient travaillé à l’année européenne de l’environnement dans le Comité français pour l’environnement de Simone Veil, les militants du développement, des chercheurs… Sur le plan institutionnel, Bettina Laville avait préparé le Sommet au cabinet de Brice Lalonde. Rio passé, impossible de laisser retomber l’espoir. Huguette Bouchardeau et son Entente Européenne pour l’Environnement, Bettina Laville à la tête de la Fondation Européenne de l’environnement et le Comité français pour l’environnement de Simone Veil décident de se regrouper et de donner naissance au Comité 21. Pour première mission il entend faire vivre en France le programme d’Actions pour le 21° siècle auquel serge Antoine a participé aux côtés de Maurice Strong. Le texte définit les principes d’une politique de développement « économiquement viable, écologiquement durable, socialement équitable ». Il implique toutes les composantes de la société  : entreprises, collectivités territoriales, associations, établissements de recherche et d’éducation, medias.

Simone Weil : comité français pour l’environnement

En 1988 durant l’Année européenne de l’environnement, le comité français était présidé par Simone Veil alors pionnière parmi de la députation européenne.
 l’Année européenne a permis pour la première fois, de labelliser en France plus de 800 projets, portés par des collectivités et des associations et d’assurer des financements français et européens pour environ la moitié d’entre eux. Il est à l’initiative également de ce qui deviendra le Pavillon bleu d’Europe. Ce comité devint le Comité français pour l’environnement qui en 1994 se transformera en Comité 21.

Le 17 Octobre 1994, en présence de Michel Barnier, alors Ministre de l’environnement, se réunit l’Assemblée Générale Constitutive du Comité 21 : Comité français pour l’environnement et le développement durable. Les fondatrices deviennent membres d’honneur du Comité 21 et confient la Présidence à Serge Antoine, Il restera président jusqu’en 1998.

Extraits de son discours de clôture de l’anniversaire des dix ans du comité 21 :

« Le développement durable n’est pas un état. Il est un devenir… La reconnaissance viendra toute seule, si j’ose dire. Elle viendra de l’Europe, si celle-ci bouge un peu plus, et il serait mieux d’avoir des partenaires qui bougent. Elle viendra de la planète, de cette gouvernance mondiale qui va finir, un jour, par se transformer. Elle viendra aussi des régions du monde. …. Nous allons chercher cette reconnaissance, mais l’important est de la mériter. »

*Elles ont relaté toutes trois leurs engagements : Simone Veil, Une vie, éditions Stock, octobre 2007 ; Huguette Bouchardeau, Le déjeuner, éditions Julliard, janvier 1998 ; Bettina Laville, La machine ronde – La planète, le peuple et la politique, éditions Autrement, 2002.

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Journal de l’environnement « La France ne tiendra pas sa PPE » V. Laramée de Tannenberg, AJE

►L’Humanité Dimanche « Grand format, Erosion littorale. Donner libre cours à la nature pour mieux faire front » L.Madani, AJE

Journal de l’environnement « La bonne mise en œuvre de l’Accord de Paris ne dépend pas que d’un seul pays » V. Laramée de Tannenberg, AJE

Le Figaro, Climat et santé : une recherche en plein développement, par Marielle Court, AJE
e-santé.fr, Le réchauffement climatique et son impact sur notre santé : un risque croissant-par Brigitte Bègue

La Gazette des communes, 10/06/2016, « La société civile pousse les leaders du monde au changement », par Laurence MADOUI, AJE
Environnement magazine – Le Maroc fixe les priorités de la COP22
Le Matin, 10/06/2016, Climat Hakima El Haité expose à Paris les priorités de la COP 22
France inter-Un jour dans le monde, 10/06/2016, Hakima El Haité, Ministre de l’Environnement du Royaume du Maroc
Usine nouvelle, 10/06/2016, COP22 au Maroc : »Marrakech écrira une autre page de l’histoire du climat », déclare à Paris Hakima El Haite, ministre de l’Environnement

►Novethic, Concepcion Alvarez « Pollution numérique : l’impact sur l’environnement n’est pas virtuel »
►Athena21.org – Ben Cramer : COP 21 – L’accusé GAFA était absent
►Courrier international – Facebook refuse de dévoiler ses émissions CO2

La revue du vin de France
Israel Science Info

Gazette des communes »Loi biodiversité, ce qui va changer pour les communes », S. Luneau, AJE

Techni.Cités « Épandages des pesticides agricoles près des habitations : l’arrêté de la discorde », S. Luneau, AJE