• 6 – 8 juin 2019 : voyage d’étude « Gestion et adaptations du Marais de Brouage »

Convention internationale sur les zones humides, derniers rapports de l’IPBES et du Giec, autant de signaux d’alarmes que ces écosystèmes, parmi les plus riches au monde pour leur biodiversité, disparaissent à un taux alarmant, plus vite que les forêts. L’AJE organise un déplacement à l’attention des journalistes adhérents de l’AJE. Avec le soutien du département de Charente-Maritime, de la LPO et de l’agence Schilling communications (située à Aytré 17), membre du Club des amis de l’AJE.

Avec les partenariats :

 

 

de g. à d. : Adrien Privat (chargé « interface terre-mer » au Conservatoire du littoral), les journalistes AJE : Stéphanie Senet, Corinne Benand, Loïc Chauveau, Jean-Luc Fessard, Yannick Lagoyer, Sylvie Luneau et Laurent Radisson

Face aux enjeux et aux conséquences du changement climatique ce voyage a permis de prendre connaissance avec les acteurs publics/privés/associatifs qui se mobilisent ensemble afin de faire de l’adaptation un atout et non une contrainte pour une gestion raisonnée et durable d’une zone humide telle que le Marais de Brouage.

« En disposant d’un fort potentiel d’amortissement des submersions, les zones humides participent à la protection des biens et des personnes. Entre la protection totale par endiguement et la suppression des digues pour « rendre des terres à la mer », tous les intermédiaires sont possibles. » Forum des Marais Atlantiques

Jeudi 6 juin 2019

10h40, Arrivée des journalistes dans la salle de réunion des 5 Océans (1 quai de l’Hermione, 17300 Rochefort) pour divers points en conférence jusqu’en milieu d’après-midi.

Après un tour de table :

Gestion et organisation du marais de Brouage et partie terrestre de la réserve de Moëze-Oléron, un espace naturel protégé en zone humide de 13000 ha, quel fonctionnement et quels nouveaux enjeux ?

L’histoire du marais en vidéo :

  • Jean-Marie GILARDEAU, adjoint au maire de Saint-Agnant et spécialiste du droit rural. 

Les élus locaux ont pris conscience de l’existence et de la nécessité de sauvegarder le marais. Il réunit une dizaine de communes et relève de 2 CdC (Rochefort et Bassin de Marennes), qui constituent une entente intercommunautaire pour la gestion de ce marais.

+ des partenaires : services de l’état, CD17, CR Nouvelle-Aquitaine, Agence de l’Eau Adour-Garonne.

+ des acteurs de terrains : propriétaires fédérés dans l’association syndicale, éleveurs, chasseurs, ostréi, associations de protection envtales (NE17, LPO).

Parallèlement à l’échelon du groupe national sur les zones humides, obtention de la part des ministères de l’Environnement et de l’Agriculture que soit mis en chantier un rapport interministériel confié au CGAAER, et au CGEDD. 4 inspecteurs ont réfléchi sur la question du maintien de l’élevage extensif pour les zones humides. Rapport rendu en juillet 2017, et inclusion de 3 sites pilotes pour l’expérimentation (Baie de Somme, Cotentin Bessin et Marais de Brouage).

Ils mettent également les moyens humains pour coordonner un projet du marais de Brouage :

– gestion équilibrée de la ressource en eau

-maintien de l’élevage extensif comme activité économique traditionnelle,

-préservation de la biodiversité.

C’est autour du triptyque que sont organisées les 30-40 actions du projet en cours.

Rapport parlementaire sur la préservation des zones humides livré au 1er ministre début 2019 : « terres d’eau, terres d’avenir », par Jérôme BIGNON, sénateur et Frédérique TUFFNELL, députée.

Le Plan biodiversité prévoit l’expérimentation de PSE sur l’ensemble du territoire, et pas seulement uniquement en matière de zones humides. Historiquement, les MAE étaient plutôt vues pour compenser une perte de rendement liée aux contraintes environnementales. Le paradigme change ici : si réel travail lié à la fourniture de services environnement, il pourra y avoir rémunération en contrepartie. Compte tenu du contexte, Brouage est candidat à l’expérimentation (150 M€ chez les Agences de l’Eau). L’idée est ensuite de voir comment le généraliser et le défendre au niveau européen.

Quid de l’articulation potentielle avec les MAE ? Il faut démontrer que c’est additionnel et compatible avec les MAE. Les MAE rétribue l’éleveur pour la partie terrestre notamment et valorisable d’un point de vue « très agricole » et tout ce qui est dépressions en eau ou roselière ne passe pas dedans d’où les SE. 

Sur le marais de Brouage, de plus en plus d’éleveurs qui sont prêts à aller vers une transition écologique. Ex d’activités fournissant des SE:

-curer les fossés pour maintien régime hydrique satisfaisant, utilisation par les éleveurs comme limites et abreuvoirs) et maintien d’espèces inféodées à l’eau (anguilles, etc.),

-implantation et entretien d’une roselière, etc. (Sur les notes d’ Anne MARTINET)

Pour en savoir plus – site internet du Conservatoire du littoral

Pour en savoir plus – site du Conservatoire régional d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine

« Nous avons compris combien un élu local peut être essentiel pour qu’un territoire préserve ses ressources naturelles avec sa vision : terres d’eau, terres d’avenir. » (Jean-Luc Fessard) ;

  • Adrien PRIVAT, chargé de mission interface terre/mer au sein de la direction gestion du patrimoine du Conservatoire du littoral « nous a présenté un nouveau concept : Adapto, c’est-à-dire la gestion souple du trait de côte plutôt qu’une lutte vaine par le renfort des digues. » (Jean-Luc Fessard). Site internet du programme life Adapto :

Xynthia : sur certaines zones, dont estuaire de la Charente, il y a eu des zones submergées qui ont permis à la lame d’eau de se déverser et de limiter l’impact potentiel sur des zones comme Rochefort.

Pourquoi Adapto : Le patrimoine du Conservatoire du littoral est impacté par le dérèglement climatique (réchauffement, hausse du niveau marin…) = 1% du patrimoine foncier soumis à l’érosion, 20% soumis à des évènements de submersion plus ou moins régulier d’ici à 2050. Nouvelles prévisions du GIEC : + d’1m d’ici 2100. Les modifications du niveau de la mer au niveau local sont très variables. (Sur les notes d’ Anne MARTINET)

La Réserve Naturelle Nationale date de 1985.

Tempête Martin 1999 avec brèches sur la digue de 1er rang. Travaux de remise en état- 2010 nouvelle submersion et nouvelles brèches. Puis nouvelles brèches en 2015 et 2018. Submersions régulières sous gros coefficients dans les zones peu entretenues. Un PAPI est en cours de réalisation.

S’il n’y a plus de digues : élevage peu touché car en arrière (11km de profondeur et 1-2 km impacté), ce sont les céréaliers qui seront impactés. Le projet de Jean-Marie Gilardeau porte surtout sur les éleveurs de fonds de marais (quid de l’impact de la remontée du biseau salé sur le régime hydrique et impact d’une disparition éventuelle de la digue sur le régime hydrosédimentaire local et boucles de rétroaction).

Le Conservatoire du littoral est propriétaire cotisant au syndicat de marais, qui entretien et gère les ouvrages.

Actions pédagogiques (CPIE Marennes Oléron) : 2019-2021.

Etude BRGM : tests de submersion marine. Différents scénarios : maintien de la digue de 1er rang (10-20M€), absence d’entretien, digue de retrait (ne fonctionne pas car terrains en arrière plus bas et digue devrait être encore plus haute que celle de 1er rang). Calage du modèle via ce qui s’est passé à Xynthia. Scénarios modélisés sur grands coefficients, à horizon 2030 et 2050.

Une autre option pourrait être de reconnecter au canal charentes-seudre (mais appui en eau douce).

Facilitation de la gouvernance locale via des ateliers avec les élus de Brouage. 1/ Ou sont les enjeux ? (humains, économiques, matériels), 2/ qu’est ce qu’on doit protéger ? (Sur les notes d’ Anne MARTINET)

! > Article : « La gestion souple du trait de côte comme réponse aux changements climatiques », de Laurent RADISSON, actu-environnement.com

Comment adapter la gestion de la biodiversité du Marais de Brouage et de la Mer des Pertuis ? Faune et flore exotiques, constate-ton déjà des modifications des écosystèmes, des habitats ? doit-on s’attendre et constate-t-on déjà une augmentation des espèces exotiques ? Quelles solutions envisagées ?

! > Article : « Comment l’huitre s’adapte aux changements climatiques », de Loïc CHAUVEAU, sciences et avenir

 

16h30 Communauté d’agglomération Rochefort-Océan pour un point environnement (à la station de lagunage) à propos de l’opération Grand Site Estuaire de la Charente,

 

 

18h30, Nous sommes accueillis par Yves VERILHAC, directeur et Emilie GOBERT, directrice de la communication de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) : « Nous visitions leur siège national qui se trouve à Rochefort, lorsque nous avons eu le plaisir d’être rejoint par Alain BOUGRAIN-DUBOURG. A l’instar de ce que font les japonais, nous devrions lui attribuer le titre de « Trésor national vivant » pour son action en faveur de la biodiversité. Nous avons, avec son équipe, admiré toute l’énergie qu’à 71 ans il est encore capable de mettre pour cette cause dont il a été l’un des pionniers et s’y consacre sans relâche depuis plus d’un demi-siècle. » (Jean-Luc Fessard)

 

Vendredi 7 juin 2019

8h30,Saint Froult, La Renverse, petit déjeuner et présentation par Jean-Michel LALOUE délégation Centre-

Atlantique, et Nathalie BOURRET, réserve naturelle de Moëze-Oléron, de la carte et des gestionnaires du Marais de Brouage, avant la visite sur le terrain.

 

10h00 Visite paysagère sur les sentiers des réserves de Moëze et Brouage avec  Nathalie BOURRET LPO, plus d’informations sur le site internet de la réserve (gestion, restauration paysagère, entretien, rôle du garde du littoral, police, entretien, pédagogie), malgré la tempête Miguel.

 

12h00 Saint Froult, La Renverse, restaurant – Café culturel tenu par Yann André (ex-chef de mission pour la LPO) qui a créé une adresse avec sa compagne Céline Le Gall pour mettre en valeur les produits locaux, et développer l’accès à la culture en milieu rural. Pas simple dans le petit bourg de Saint-Froult, entre la presqu’île de Port-des-Barques et la cité de Brouage… Mais le défi est relevé grâce notamment au stratégique « bouche à oreille », à tel point que le resto a été estampillé en 2016 « Bon pour le climat » ! initiative née à l’occasion de la COP21, afin de promouvoir les assiettes « bas carbone ». Rencontre avec Laurent CHAMPEAU, directeur du comité régional de la conchyliculture Poitou-Charentes (CRC PC) ainsi que les producteurs locaux : Bruno BEAU (ostréiculteur), Marc HOUDIN (éleveur) et Gwenaëlle KEROULLE (brasserie « Bière Originale Charentaise »).

14h00 Saint Froult, La Renverse, rencontre avec Madame Brigitte DESVEAUX, 2eme Vice Présidente de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle en charge des Transports et de la Mobilité,et Madame Laure-Emilie ANGEVIN, chef de projet La Rochelle Territoire Zéro Carbone à la Communauté d’Agglomération de La Rochelle, et Carole HUET, consultante pour l’agence Oxygen en charge de la communication du programme, nous ont exposé le projet national « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » (TIGA) dont l’objectif est de tendre vers le « zéro carbone » à l’horizon 2040. Retrouvez le dossier de presse : La Rochelle Territoire Zéro Carbone

 

Après-midi : visite de terrain ches Bruno BEAU, un ostréiculteur et avec Laurent CHAMPEAU, le directeur du comité régional de la conchyliculture Poitou-Charentes (CRC PC)

 

18h30 Saint Froult, La Renverse, rencontre avec Lionel QUILLET, 1er Vice-Président du Conseil départemental de Charente-Maritime nous a présenté les grandes orientations en matière d’acquisition, de gestion et de valorisation des espaces naturels sensibles du Département de la Charente-Maritime, en présence également de Patrice BELZ, délégué de rivages Centre-Atlantique du Conservatoire du littoral.

Samedi 8 juin

09H00 Visite et présentation par Anne CIGOLOTTI de l’écomusée de Port-des-Barques, association créé en 1994 afin de participer à la protection de l’environnement fragile de l’estuaire de la Charente et de valoriser le patrimoine du littoral. Installé en bordure de Charente, au cœur d’un site ostréicole en activité,

 

11H00 Point nettoyage raisonné et doux de l’estuaire avec l’association « les mains dans le sable«  qui organise pour nous une action de nettoyage sur l’île Madame. Constats sur les types de déchets ramassés, collectés, et ce qui est préconisé pour le retraitement et le recyclage, grâce aux bacs à marée. Fabrice FAURRE présenté la société coopérative d’intérêt collectif TÉO et le réseau des bacs à marée déployés en Charente-Maritime. île Madame, le bac à marée expliqué par Mr Faurre de Téo environnement.

Contre les coupelles ostréicoles Téo environnement développe une innovation en cours de projet qui consiste à remplacer le plastique qui contient des polluants organiques persistants (POP) des coupelles par une matière biodégradable composée d’algues et de coquilles d’huîtres. Projet en partenariat avec le Comité de conchyliculture de Charente-Maritime. À suivre de près.

 

Le voyage s’est achevé par un pique-nique, concocté par Yann André de La Renverse (Saint-Froult), au sein du Fort de l’île Madame.

Voyage d’étude de l’AJE en zone humide : clou du voyage, vue panoramique du fort de l’île Madame sur l’estuaire de la Charente, les îles d’Aix, Oléron, grandiose ! merci Nadia Sanz-Casas, chargée de mission au Conservatoire du littoral pour l’accès au Fort au cœur du territoire du projet de Grand site de France porté par la Communauté d’Agglomération de Rochefort Océan présenté jeudi après-midi par Laurent Dumas (CARO) en charge du projet.

Contact : ajeasso@free.fr