Roger Cans nous a quittés

Roger Cans

Passionné par la protection de la nature et des ressources naturelles, Roger Cans avait repris la rubrique Environnement du quotidien Le Monde en 1983. Il est mort le 28 novembre, à l’âge de 73 ans. Roger Cans, qui est mort le 28 novembre à l’âge de 73 ans, est de ceux, chanceux ou obstinés, qui surent faire de leur passion un métier. Lui, Roger, notre ami, c’était la nature qui suscitait sa vénération, d’enfant curieux, puis d’adulte passionné et, enfin, de journaliste spécialisé. La nature et ses peuples innombrables, faunes et flores, l’émerveillaient de leur fragilité et de leur résilience. Il les a observés toute sa vie, au bout d’une jumelle ou le nez au raz de l’herbe. De cette patiente fréquentation, il avait acquis un savoir et même une science qu’il transmettait comme un jeu, un exercice sans prétention, aux lecteurs du Monde.

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Bulgarie : assassinat de Viktoria Marinova

La journaliste Viktoria Marinova, assassinée samedi 6 octobre en Bulgarie, était responsable administrative et présentatrice d’une émission d’actualités sur TVN, une chaîne de télévision de la ville de Ruse.Dans le dernier numéro de son émission, Viktoria Marinova avait diffusé un entretien avec deux journalistes d’investigation sur des soupçons de fraude aux subventions européennes. La jeune femme a été frappée à la tête et étranglée, le ministère de l’intérieur précisant qu’elle a aussi été violée. « Son téléphone portable, ses clés de voiture, ses lunettes et une partie de ses vêtements ont disparu », a ajouté le procureur.

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Malte : assassinat de Daphne Caruana Galizia

Résultat de recherche d'images pour "Daphne Caruana Galizia"Un an après l’assassinat de journaliste blogueuse Daphne Caruana Galizia, mère de trois enfants, tuée dans l’explosion de sa voiture piégée le 16 octobre 2017, les commanditaires de ce meurtre courent toujours et ceux qui poursuivent son travail sont à la peine. Un consortium de journalistes a lancé le projet Daphne, coordonné par « Forbidden stories » (Paris) pour poursuivre les enquêtes lancées par des journalistes assassinés ou en prison.

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paulVIRILIO

Ben Cramer, journaliste polémologue, a rendu hommage à l’urbaniste philosophe Paul Virilio (décédé le 10 septembre 2018) dans une tribune publiée sur Athena21, où il reprend des entretiens diffusés sur RFI en 2001.

« Je suis né à Paris, c’est une ville que j’aime (…). Je ne suis pas philosophe, je suis urbaniste. Mais il n’y a pas de philosophe qui ne soit pas urbaniste, la philosophie est née dans la cité, son lieu est la ville (…) Toute philosophie a une philosophie de la cité.Je viens de l’immigration de mon père, immigré clandestin du côté d’Antibes et de ma mère catholique et bretonne. Je suis un créole de Bretagne et de d’Italie, un fils de pauvre…

Je viens aussi d’une autre contrée, la guerre, la  guerre totale. elle a été mon paysage d’enfance, (réfugié à Nantes) et je suis sorti de la destruction d’une ville qui a été avec Lorient et Brest, une ville martyrisée (…) je suis à la fois un étranger par mon père, (…) et je vis donc un dédoublement de la personnalité avec ceux qui nous libèrent qui sont ceux qui nous bombardent (…) Je vis avec ceux qui m’occupent, je suis étranger à ce monde et j’attends la libération du ciel, c’est dur pour un enfant de comprendre çà …C’est du théâtre de transformation, on n’arrête pas à changer de décor (…) le petit théâtre de la réalité : ça rend philosophe.
Je veux être peintre (…) J’ai fait mes premiers dessins avec le pont de Nantes, un très grand pont, quand il a été bombardé, je me rappelle, j’ai reçu tous mes livres sur la tête en pleine nuit (…) J’ai alors commencé à réfléchir sur le paysage de la guerre ;

nous étions des voyeurs, nous regardons ce que nous ne sommes pas censés voir (…) j’ai vu des choses et une ville détruite en quelques instants (…) car pour un enfant, une ville c’est aussi solide que les Alpes (…) , et j’ai vu qu’on pouvait ne pas croire ce qu’on voyait…
Pour moi, mon milieu c’est la ville (…) Pendant la guerre, on n’avait pas le droit d’aller au bord de la mer donc, dès la Libération, je découvre la mer et je découvre les fortifications (…) et moi je vois des objets de béton et je m’intéresse à ces objets (…) j’apprends que la ville est un front, je me découvre urbaniste, disons, par hasard – mais on ne gagne pas sa vie avec de la peinture (…) Dans ma tête, l’intérêt est déjà la question de la guerre. Et puis il y a la guerre d’Algérie et je vais me retrouver dans les Aurès à faire du poste.
J’ai vite compris que la guerre est un phénomène énergétique, et j’ai essayé de montrer qu’il n’y avait pas de pouvoir sans la vitesse (…)
Là où le danger est reconnu, l’espérance est possible parce qu’on recule toujours devant l’abîme. Mon espérance est une espérance extrêmiste, parce que je crois qu’on est obligé de se retourner, cela veut dire se convertir. Je suis chrétien et pour moi l’espérance est grande parce que nous atteignons des limites qui ne sont je dirais acceptables que s’il y a une espérance. Mais elle est au bord du gouffre, elle est dans le fait de contempler la méduse (…) Mon travail, c’est le façonnage du miroir (…) pour lui renvoyer son image.

On ne trouve de sens que dans la limite (…). Le monde est fini. Ce n’est pas la fin de l’histoire, c’est la fin d’un monde. On va vers un monde de citoyens du monde (…). Le monde va être trop petit pour l’homme , trop petit pour la technique de l’homme d’où …l’écologie ; mais il y a deux écologies, l’écologie verte, la pollution des substances, l’air, l’eau, la faune, la flore et puis l’écologie grise, la pollution des distances, (…) c’est la nécessité d’une autre pensée que l’écologie a à peine inaugurée…

Paul Virilio a publié aux Editions Galilée, Vitesse et politique , l’Insécurité du territoire, Stratégie de la déception, Ville panique’, l’Esthétique de la disparition

BC – Entretiens (2001) pour RFI

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Hommage à Michel Giran

Michel Giran nous a quitté le 19 août dernier.
Né en 1950, il a fait des études et a enseigné les mathématiques. En 1996 il crée l’ADOME (Association pour le Développement des Outils Multimedia appliqués à l’Environnement) qu’il a développé jusqu’à la fin. A cette époque il faut partie des pionniers et va persuader le monde de l’environnement de l’intérêt systémique d’internet. Homme de réseau il mesure la puissance de cet outil. Très tôt à la tête d’une liste considérable de sites qu’il alimente, il crée nombre d’outils numériques : CD rom, guide de l’environnement, sites web dont planètécologie, News La Terre…. Il double l’usage internet par l’édition : « Internet et environnement : la planète a besoin de vous, une série de guides « plus de 100 questions sur… » Il rejoint les collectifs d’associations et participe au sommet de Johannesbourg, de rio+20, des COP climat et tente de monter un wikipedia du climat et de Climade 21. Fautes de moyens son œuvre reste foisonnante mais un peu éparpillée.
Textes de Dominique Martin Ferrari et de Ben Cramer, journalistes adhérents AJE
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Hommage aux victimes des attentats terroristes de Paris, dont Charlie Hebdo (janvier 2015)

Messieurs les lâches, vous avez raté votre coup !
Comme à votre habitude, vous avez tué des femmes et des hommes dont vous ignoriez tout. Comme vous l’enseigne votre haine, vous avez massacré sans distinction, les passants qui vous ignorent, les caricaturistes qui vous moquent, les policiers qui vous traquent, les journalistes qui vous décortiquent. Vous les avez assassinés.
Mais vous avez raté votre coup, messieurs les incapables.
Croyez-vous que votre acte ignoble empêchera Charlie Hebdo, votre cible facile, de reparaître ? Pensez-vous que les journalistes tairont vos crimes par crainte de représailles ?
Imaginez-vous que les habitants de ce pays baisseront les yeux devant vos cagoules ?
Plus que jamais, les femmes et les hommes de presse de ce pays sont attachés aux valeurs que porte haut Charlie Hebdo : liberté et indépendance.
Plus que jamais, nous, journalistes, nous battrons pour défendre la liberté d’informer, de critiquer, d’expliquer, de caricaturer, sans laquelle il n’y a pas de démocratie possible.
Plus que jamais, les habitants de ce pays qui est le nôtre, font face à votre menace, ignoble mais dérisoire.
Messieurs les lâches, vous pensez avoir gagné. Vous avez déjà perdu. Vous ne ferez taire aucune voix, aucune plume, aucun crayon.►Association des journalistes de l’Environnement (AJE)
► Association des journalistes de l’environnement et du climat (Ajec21)
► Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI)
► Association des journalistes de l’énergie (AJDE)
► Association de la presse ministérielle (APM)Parmi nos adhérents journalistes, Martine CHARTIER participe avec d’autres journalistes à l’action « volontaires de la liberté d’expression », une dynamique lancée après l’attentat contre Charlie hebdo dans l’intention d’expliquer aux jeunes comment se traite l’information par un journaliste en opposition aux rumeurs et autres intox qui traînent sur les réseaux sociaux. Participation entre autres à l’émission « interception » sur FranceInter